ABOUT HER – Ambio by Amber

Yolande AMBIANA

Ou

La liberté de vivre

« Si dans les landes de sa voix Yolande rencontrait sa jumelle,

Voix-ci au fond ce que celle-ci nous révèlerait… »

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

AMBY by AMBER

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Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

Son chemin de vie à l’air vallonné de bosses à l’âme, élève une montagne dont le sommet déploie pour nous la Terre promise de sa LIBERTÉ ; Terre écarlate du sang versé dans la maladie, où celui des petits qui lui ont été amputés et que l’on a privés cruellement de sa voix. Mais une Terre tendre au ciel azur inséminée de l’amour renouvelé que seule une mère bafouée peut récolter en traversant les nuages, sur les ailes bénies du  souffle de ses enfants colporté par le vent…

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

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Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

 Cette métisse Anglo-camerounaise née en 1964 en Bretagne, ainée de parents enseignants, chantait déjà à tue tête en allant à l’école ! Ses oreilles baignaient depuis le berceau entre les fanfares celtiques déambulant sous sa fenêtre, et le « Makossa » bringuebalant sur la platine du salon. Elle saluait ainsi tous les passants qu’elle rencontrait sur son chemin – Mais on lui répondait invariablement « Ah ! Tu tètes encore ! » – Yolande commence alors, gratifiée de  coups de règles sur les doigts pendant les leçons de solfège, à entrer dans un rythme d’enfer pour explorer les rudiments de sa voix. D’autant plus que dès son arrivée au Cameroun à l’âge de dix ans, celle stridente d’une camarade de classe leur était infligée tous les matins par une maîtresse peu mélomane, qui jurait les grands dieux entendre en elle un rossignol. En marmonnant pendant les prestations pour couvrir l’infamie, Yolande fut soufflée en tous cas d’une conviction profonde, que sa voix ne pouvait éclore sans une écoute attentionnée à elle-même d’abord pour mieux être entendue des autres, et n’avait certainement rien à voir avec ce style académique de barbarie. Tendre l’oreille vers l’inaudible pour certains, fut sans doute sa meilleure école. Lorsqu’elle entra plus tard dans la chorale du lycée Polyvalent de BONABERI à Douala, son père en était un censeur, mais une nouvelle réforme y faisait la chasse à toutes les filles mères. Alors « manque de peau » c’est le cas de le dire, la grossesse de l’élève qui dirigeait cette chorale, fit en quelque sorte de la passion de Yolande un dommage collatéral, en sonnant pour elle le glas avant terme !

C’est ainsi que par la voix de l’enfance, l’intime conviction selon laquelle elle devrait trouver sa voie à travers un monde escarpé, s’épanouit avant qu’elle devienne mère. A son entrée à l’université, après avoir obtenu son Bac-à-lauréats au lycée de Kribi, sa rencontre avec le compositeur et arrangeur camerounais NKEMBE PESAUK au Théâtre Universitaire de Yaoundé, fut décisive pour sa carrière autant pour la musique, que dans l’écriture ; Car après avoir endossé le rôle d’« Eding » dans la pièce mise en scène par Jacqueline LELOUP « Meyong MEYEME au royaume des morts », la Scène musicale Internationale s’ouvre à Yolande lors du concours « Découvertes  RFI » parrainé en 1988 par le saxophoniste Manu DIBANGO. Sur les gradins de Tunis, AMBIANA remporte le Grand Prix, portant haut à l’affiche le titre « KUNDE ». L’album « Africa Discovery » au sein duquel elle clame : « Mè yé Kundè » qui signifie en langue Bassa du Cameroun : « je suis libre ! » enfle sa verve. Il sortira dans la foulée en 1988 sous le Label SOYOKO où Sound Of Yoko.

Au même moment Yolande prend son envol à la CRTV, Radio Télévision Camerounaise où elle va surfer sur les ondes dans la peau d’une animatrice, sélectionnée par un Jury composé des journalistes Eric TCHINJE et Denise EPOTE actuellement en service à TV5 Monde. Elle poursuit en même temps jusqu’en Licence des études d’économie puis de Lettres Modernes Françaises à l’université de Yaoundé, où surviennent les troubles politiques en 1990, occasionnant les célèbres « Villes mortes » dans tout le Pays. C’est alors qu’elle rencontre l’avocat et futur Bâtonnier Charles TCHOUNGANG, avocat couru de l’Opposition et fer de lance de L’OCDH (Organisation Camerounaise des Droits de l’Homme). Il devient son mari en 1990 et la Vie leur offre trois beaux enfants.

Pourtant, l’épreuve de la maladie au cœur d’un foyer dominé par la violence, forge en elle le sentiment que la liberté se nourrit essentiellement par la foi, non dans une religion quelle qu’elle soit, mais la main posée sur son propre cœur, d’où seul surgit le vrai sens du mot Liberté qu’elle a tant déclamée. Elle réfute le rang d’esclave où d’être subalterne aux yeux de la Société, de ses proches et encore moins d’un mari, et demande en 2003 un divorce qui au vu des circonstances fut très médiatisé. Elle réalise que seul le fil d’une voix juste pleine et mélodieuse peut vraiment la sauver, celui relié encore à ses enfants comme un cordon ombilical bien nourricier…

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

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Or de voix, Yolande n’est nullement dépourvue ! Elle suit des cours de chant assidûment chez la réputée Mme GASH qui lui fait découvrir à  ROTHSHILD le fameux « Laboratoire de la Voix », et la cantatrice

Rosita GRABER, chez qui elle va croiser le journaliste Bernard THOMASSON… Le frère de Yolande lui-même à l’époque Peintre et humoriste, Grand amateur et connaisseur de Jazz, lui transmet sa passion abondamment nourrie de  plusieurs courants musicaux. Si Myriam MAKEBA la laissait voyager, Billie HOLLYDAY lui fera retrouver le chemin des larmes qu’elle avait perdu, et Sarah VAUGHN la puissance et la foi pour saisir à nouveau sa voix… Avec le Jazz fusion, elle revisite le parcours d’illustres musiciens comme Miles DAVIS ou AL DIMEOLA (qui remercia personnellement ROBIANA pour un de ses dessins).

Avec « MIDIKI » (Les lianes) et « MUNA WENGUE » (Enfant d’aujourd’hui), Yolande notre artiste, réalise un double album pétri du talent de nombreux musiciens camerounais. Il sortira en 1997 du Studio MAKASSI de Sam Fan Thomas à Douala, et à travers son titre « Weya », sera diffusé sur plusieurs radios dans le monde dans le cadre du projet OFREDIA. Elle s’y imprègne alors de la superbe d’une Anne-Marie NZIE, du Blues d’un Talla André Marie qu’elle rencontre dans l’émotion, du caractère bien trempé d’un Crooner EBOA LOTTIN, ou du Groove d’un génial KOTTO BASS (qui tirera malheureusement sa révérence en fin de période du studio)…

Le propre état de santé de Yolande se dégrade de plus en plus ; avec la bénédiction des siens, son mari avocat la met à la rue à sa sortie d’hôpital, et lui arrache leurs trois enfants qu’elle ne reverra plus, avant d’endosser son habit de bâtonnier. Elle arrive au seuil de la mort, et après plusieurs interventions, doit subir l’amputation d’un lobe du poumon …

En effet, sa maladie une endométriose pulmonaire est à l’époque rare et complexe. Après de nombreuses péripéties, elle arrive en Angleterre puis en France pour y recevoir les soins appropriés. Son album WENGUE arrangé par le bassiste de Jazz Emmanuel BINET et produit par la radio MEDIA TROPICAL en 1997, vient d’être enregistré à Paris. Mais il n’est plus l’heure de chanter pour la gloire au risque de ne plus chanter du tout ; Rester vivante pour retrouver dans la joie ses enfants devient sa priorité, elle se souvient alors de cette sage parole paternelle : « Ma fille, ce sont des coulisses que la scène, le jardin et les loges apparaissent le mieux ». Yolande met donc sa carrière en hibernation, tout en cultivant patiemment les vertus thérapeutiques que recèle son chant. S’il n’a donc pu être promu ni commercialisé par le passé, cet album est néanmoins diffusé aujourd’hui sur l’interface de SOUNCLOUD, ainsi que ses albums ayant été distribués au Cameroun, ou en France (pour le titre Kundè…)

Ainsi sur la voie de la Liberté, Yolande mâche bien ses maux mais ne lâche pas le morceau : Elle donne de la voix dès qu’elle le peut ! Il en résultera de bonnes prises comme celle de la Pub chez Europe 1 d’une vache bien connue « La vache qui rit »,  la voix off du film « Les saignantes » de Jean-Pierre BEKOLO, ou celles du très attendrissant « KIRIKOU et les bêtes sauvages » réalisé par Michel OCELOT.

Lors du casting, il lui dira d’ailleurs ces précieuses paroles « Madame AMBIANA, vos enfants vous entendront !!! » La voix de Yolande ne manque pas non plus de bagou dans « Les Groelands » chez CANAL PLUS, où elle exécute avec joie dans « Cissokou », une parodie bien poilante de Kirikou…

Sur les conseils avisés d’Andrée NAVARRO, alors en poste à RFI et faisant partie du Jury du Concours Découvertes, Yolande se remet fermement sur pieds à travers une collaboration avec de nombreux musiciens de Jazz africains ou occidentaux qui ont nourri sa passion ; Entre autres artistes de talent, des chanteurs Coco MBASSI ou Philippe EKEKE, aux guitariste Jay Lou AVA et regretté bassiste Noël EKWABI… Des pianistes Jean-Louis DECONFIN  ou Michel BASTET, au contrebassiste Nicolas STAUBL, au batteur Graham TAYLOR ou au violoniste Simon AYLING… Ou très récemment Jasper van’t HOFF fondateur du groupe PILI-PILI qui fut le berceau d’une certaine Angélique KIDJO…

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Actuellement en studio pour un nouvel album, Yolande peut donc enrichir à merveilles nos oreilles, de nouvelles compositions riches en sonorités. Car en résumé, si pour Yolande chanter est une onction pour entrer dans la communion, ce fut autant harnacher sa voix telle une amazone, faire claquer ses ailes en atteignant le ciel…

Comme une enfant mais plus à tue tête comme à vent, Yolande AMBIANA, Ah!… Tu tètes toujours la vie à travers ta musique ! Afin de cultiver ce doux chant que nous offre sa liberté de vivre ; Elle comprit pour le restant de ses jours, que jamais l’obscurité ne pourrait noyer la lumière qui l’avait irradiée sur le visage des petits Batangas sinistrés, qui l’attendaient depuis des heures souvent sans culotte ou vêtus de leur unique camisole d’école ; Ils se serraient là sous le soleil pour accueillir au détour du chemin, un cahier de trente deux pages ou un crayon pour la rentrée. Il se mit à pleuvoir, c’était en 1998, le fleuve de la « Kienké » venait de déborder de son lit, comme autant de larmes dans mes yeux face à tant de candeur. Dans ce paysage de rêve où bouillonne la seule chute au monde qui se jette dans l’océan, la voix de Yolande se brisa pour eux contre des rochers sur lesquels elle apprit l’humilité. Ce chant de l’âme est une bénédiction, car il recèle en lui tant de nos failles, que lorsque son volcan s’éveille en nous…

Jaillit vraiment  la voix du cœur !

 

 

Yolande AMBIANA by Amber van Schendel

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Yolande AMBIANA chante l’AVE MARIA

« Afin de retrouver dans la joie ses enfants qu’on lui a sauvagement arrachés depuis plus de douze ans,

Afin de mettre du baume au cœur de la plaie des violences faites à tous nos enfants… »

– Ambassadrice bénévole AEDEPS – http://www.aedeps.org

– Ancienne animatrice à la Radio Télévision Camerounaise CRTV

– Auteur – Compositeur – Interprète/ Grand PRIX Découvertes RFI

– Actrice/ KIRIKOU et les Bêtes sauvages

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