ABOUT WE… MEN

Photo de Alan Quantic.

Photo de Alan Quantic.

À l’aube de cette Journée INTERNATIONALE de la FEMME du 08 Mars 2013 :

Bien des femmes telles que moi, de tous âges ou de différentes cultures, viennent dans leur détresse se confier à moi…

Ballotées dans leur âme d’épouse par la violence, humiliées devant leurs enfants au quotidien elles me tendent la main par foi. Les hommes aussi peuvent s’en plaindre, mais leur parole tonne haut et fort comme du sommet d’une grue, dès qu’ils se sentent écorchés. Bien heureusement, et c’est une lueur d’espoir inestimable pour nous toutes, la discorde ne règne pas partout et certaines rayonnent encore dans l’harmonie créée au sein d’une vie de famille. J’ai reçu il y a peu, la joie de répondre à l’une d’entre elles qui m’a particulièrement touchée ; Tant son prénom reflète pour moi une bien tendre sœur jumelle ou tout simplement, une invisible amie tapie dans sa souffrance ; Tant en cette Journée INTERNATIONALE de la FEMME, symbolisant la gloire d’une femme sous le regard d’un homme empli de notre respect, elle m’offre sa confiance et nous rend hommage à toutes…

Yolande AMBIANA by Amber van Shoendel" Éclore de l'ombre de nous-mêmes "

Yolande AMBIANA by Amber van Shoendel
” Éclore de l’ombre de nous-mêmes “

Ô FEMME TOI MON MIROIR

« Chère Yolande S…,

Tu m’as fait part d’une détresse devant laquelle il est difficile de rester insensible, et d’autant plus dans ma situation, celle d’une femme visiblement persécutée, humiliée et laminée aux yeux de ses enfants…

Tout d’abord je suis vraiment touchée par la confiance que tu me portes, alors sortant tout juste d’un pénible ennui de santé, J’ai souhaité prendre le temps nécessaire avant de te répondre, afin que mon esprit soit éclairé de la manière appropriée.

Yolande mon homonyme, comme il est d’usage de dire au Pays, je ne t’ai jamais vue, mais au fond est-ce vraiment important mon invisible amie, je connais ta douleur que je lis entre tes lignes avant qu’elle ne prenne la forme des rides, je comprends tout à fait ta détresse elle me parait légitime et rassures- toi, tout le monde ne te crois pas folle, à commencer par ton beau frère que j’estime et qui t’a amenée à moi, et simplement moi-même…

Comme je le lui ai déjà dit, l’essentiel à mes yeux n’est plus ce que les autres pensent de moi  et qui varie d’ailleurs sans cesse – sans oublier ceux qui n’en pensent simplement rien – Mais demeure ma foi en ce que la vie souhaite faire de moi à travers nous, ou de nous à travers moi.

Sans prendre conscience de cette vérité  fondamentale, selon laquelle nous sommes tous créés afin d’honorer la Vie dans son intégrité – hommes femmes ou cochons et quoi que les uns ou les autres puissent en « panser » – Personne ne pourra rien pour nous ; Car nul ne peut échapper à la vie, sans se perdre lui-même.  Ce chemin est sinueux pour nous tous mais bien plus encore pour ceux qui croient prendre des raccourcis ; nombreux sur cette voie ténue, se laissent happer par la voix rocailleuse du désir sous tous ses multiples aspects, sans le laisser mûrir assez sous nos véritables auspices ; ce qui inévitablement inverse le cours de l’existence et non de la vie, qui par essence est imputrescible.

Yolande, une étoile apparait déjà dans ton ciel ! Que tes enfants te reconnaissent et te soutiennent dans ton épreuve (qui reflèterait autant leur malheur s’ils y avaient souscrit), est un atout merveilleux pour nous tous : la plus noble des grâces…

Mais ne sois nullement surprise de ne pas recevoir un large écho de ton appel pour l’instant ; Car celles qui t’éviteront en premier, seront bien entendu des femmes : nos mamans, nos sœurs… .

Certaines d’hier à demain, talonnées par des pères soucieux de leur autorité, éduquent leurs garçons, pour aller comme à la chasse dompter un troupeau de « femelles »…

Mais n’ayant pas réalisé que ta souffrance est avant tout l’iceberg qui par leur rigidité témoigne de notre délabrement, que par la fuite elles entretiennent, abandonnant leur terrain en renvoyant cette image désastreuse de nous dans un abîme d’ignorance. Alors surtout ne te sens pas visée à titre personnel Yolande car n’en est-il pas de même – dans certaines traditions et cela tout autour du Globe – pour les femmes qui font exciser leurs filles après l’avoir elles-mêmes subi!

Vois-tu, il ne manque pas d’obstacles pour t’éloigner même de la famille au sein de laquelle tu as grandi…

D’autres femmes qui me sont chères sortent aujourd’hui péniblement dans la  douleur de leurs tranchées, pour venir se confier à moi. Certaines m’avaient combattue puis jugée assez sévèrement, avant de voir se dégrader que dis-je, s’effilocher la trame d’un beau conte de fée (pour celles ayant la chance d’être encore en vie). Il est pourtant très délicat de conseiller les unes ou les autres, à travers ce qu’on croit vivre (alors même qu’on en meurt) Car  chacune d’entre elles est garante de choix que personne ne peut, ni ne devrait faire à sa place ; Chacune d’entre nous reste unique et intimement reliée à une histoire qui lui est aussi personnelle. Alors même que nous nous trouvons à la croisée d’un même chemin, nous ne ferons probablement pas toujours les mêmes choix. Or ceux-ci sont tout à fait déterminants pour nous. C’est-à-dire que, sans absoudre aucunement l’abomination du crime que nous avons subi, il ne peut se perpétuer qu’à travers nos propres failles. Chacune d’entre nous qui s’est retrouvée abusée, atteinte à son insu par quelque manipulation que ce soit, a souvent présenté à un moment où à un autre un pan de sa fragilité ; un état de faiblesse d’esprit où manque de discernement pour nous alerter à temps du danger. Et en l’état actuel des choses, lequel d’entre-nous hommes ou femmes, ne se trouve pas en proie à ses propres démons ?!

Ne dit-on pas chez nous «  Il n’y a pas de fumée sans feu » ??? Alors regarder d’où vient la fumée si l’on veut éteindre le feu avant qu’il détruise notre case peut s’avérer très sage, surtout s’il a été allumé à partir de notre foyer…

Si martyriser les mères dans une Société est un fait gravissime, il est encore plus ignoble pour nous de les voir contempler complices notre propre bannissement. Même si tu t‘es enfoncée très profondément dans ces sables mouvants, où l’on glisse presque sans s’en rendre compte comme dans un cocon bien souvent luxueux, je salue donc ton courage pour m’en parler aujourd’hui.

À  moi seule et à ce stade tu le comprendras, il me serait impossible, illusoire ou même voire impertinent, de prétendre trouver une solution miracle à une situation qui englobe la responsabilité de toute une Société. Pour trouver un vrai réconfort  ma « sœur jumelle », il ne suffit donc pas de gratter en surface, cela risquerait même de mieux t’enfoncer…

Il m’est néanmoins apparu clairement qu’ensemble, nous pourrions être éclairés mutuellement, car la Vie qui nous unit n’est pas un vain mot à la lueur de la Foi en la Vie.

L’Homme seul ne peut aimer ; seule la présence de ses semblables l’amène à découvrir tout le sens de ce mot…

Ainsi avons-nous lu : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux ».

Un engagement judicieux dans une action concertée, pourrait être une étoile non seulement pour chaque « Yolande », mais guider toutes celles qui souhaitent vraiment sortir de cet : « enfer-me-ment ».

Comprends-moi bien, il ne s’agit nullement de dénier la responsabilité des uns et des autres dans cette triste histoire qui se répète sous nos yeux. Mais au lieu de pointer seulement du doigt un agresseur entré par effraction, n’avons-nous pas meilleur temps de prendre soin de nos serrures ?!…

Je ne suis pas féministe pour un sou malgré tout ce que j’ai traversé; les hommes qui respectent leurs femmes sont vraiment admirables. Ils honorent toutes les autres et sont donc loin d’être mes ennemis. Le crime lui de l’un envers l’autre, sous quelque forme que ce soit : est loin d’être mon ami !

Précieux pères, tendres frères ou charmants fils, ce calvaire comme la gangrène, dégrade vos mères, vos filles, vos sœurs et vos femmes, il  met en péril les bases mêmes de toute Société quelle qu’elle soit, autant qu’un arbre rongé à sa souche, ne saurait supporter le poids des hommes perchés sur ses branches.

Mais surtout sur ces branches, sont perchés autant nos enfants dont nous alourdissons le poids !

N’y a-t-il pas lieu à cette heure ?! De sortir de l’ombre non pas aux yeux des autres, mais bien de l’ombre de nous-mêmes, d’exhumer à travers nous l’histoire taboue de chaque femme meurtrie par cet ignoble fléau de violence, faire émerger les contradictions qui nous empêchent de pouvoir nous fier à notre naturelle intuition, anesthésiant en nous ce sens inné au nom des fausses valeurs qui nous ont enchainées. Il est tout aussi désastreux pour les hommes qui ne se rendent pas compte que les forces en présences qui les animent ainsi vont les broyer mille fois, avant de se repaître des enfants en dessert….

Bien chère Yolande mon homonyme,

Mon chemin m’enseigne chaque jour que la foi ne s’improvise pas :

Elle s’éprouve en éprouvant la limite des croyances qu’on nous inculque au jour le jour. J’ai vu à travers tes écrits que tu es bien éprouvée par tout ce qui t’arrive.

Alors toujours et sans « cou-rage », je te souhaite de saisir à deux mains ton courage, à travers la Parole qui libère le trop plein de l’âme. De femmes intelligentes, sensibles et belles telles que je nourris la foi que tu resplendis, notre Vie ne manquera jamais ! »

Yolande Marie AMBIANA

Ambassadrice bénévole AEDEPS – http://www.aedeps.org/

Paris, le 23-02-2013

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